Après le speed dating (rencontres éclairs), le dating market (rencontres au supermarché), le blind date (resto plongé dans le noir), un nouveau concept de soirées déboule sur Paris : la quiet party ou comment draguer avec, pour seule arme, un stylo ! Deux heures d'échanges muets en boîte, avec papier et crayon, il n'en fallait pas plus pour éveiller notre curiosité... Par Bella Noche
« À partir de cette limite, silence exigé ! ». Voilà qui a le mérite d'être clair. Si, j'ai encore le droit de papillonner avec mes copines à l'entrée du Nirvana Lounge, la boîte qui accueille les quiet parties, de 19 h à 21 h, c'est motus et bouche cousue ! Un vrai challenge pour une pipelette professionnelle comme moi...
Badge collé sur mon pull, papier et stylo dégainés, je descends vers les bas fonds du monde du silence, prête à découvrir ce qui fait courir tout Paris. Vision surréaliste... J'atterris dans une salle enfumée, pleine à craquer d'une faune tout à fait exceptionnelle : adossée aux piliers, assise par terre ou affalée sur les canapés, une centaine de personnes, de 20 à 40 ans, gratte furieusement sur leur papier ou celui du voisin, sans piper mot. Seuls quelques gloussements rompent une musique d'ambiance qui, pensais-je à tort, faisait partie d'un passé révolu, pour le bonheur de nos conduits auditifs : sirènes de paquebot, piaillement d'oiseaux ou bruits d'orage. Le top du kitch ! Après un rapide tour de piste, je réussis à caler un bout de fesse sur un fauteuil et m'incruste dans la conversation ( ! ). Ces échanges épistolaires n'ont rien de poèmes enflammés, mais ressemblent plutôt à une écriture SMS. À chacun son style : les timides, les rigolos ou les dragueurs professionnels. Au choix : « C'est votre première fois ici ? », « Salut, Fred, 27 ans, passionné de moto, et toi ? », « Que caches-tu sous ta jupe fendue ? »... Bien que les rencontres se fassent plus facilement que dans un bar classique, on se raconte autant de banalités par écrit que par oral. Au bout d'une heure, je trépigne d'impatience. Mes zygomatiques sont tendus. J'ai envie de hurler. Même pour passer commande au bar, je ne peux me rattraper, sous peine d'être expulsée.
Frustrant ! Heureusement, l'heure libératrice approche. Deux types brandissent une feuille sur laquelle est écrit « Musique » et font le tour de la salle. Enfin, un mot qui m'interpelle... Après deux heures d'inactivité forcée, mes cordes vocales commencent à dépérir. J'aimerais découvrir la voix de ceux qui m'ont accompagnée durant cette terrible épreuve. Requête refusée ! Car la loud party succède à la quiet party. Le dancefloor s'ouvre et les watts explosent... Tant pis pour moi ... A mourir de rire!!! (qu'est ce qui faut pas faire de nos jours...)
Quiet Party au Tanjia
23 rue de Ponthieu, Paris 8e ou au Nirvana Lounge
3, av. Matignon - Paris 8e M° Franklin Roosevelt.
Inscription sur http://www.quiet-party.com/